Sortie Flore au lac de St Léger

 

Laurence toujours en verve a su nous captiver, sur le fonctionnement écologique de la tourbière de Saint Léger, cette relique glaciaire, que peut être nos petits enfants ne connaitrons plus, car les modifications climatiques risquent à terme d’entraîner l’assèchement du lac, nous leur laisserons photos et écrits.

Avec patience, elle nous a conté le nom et les associations florales en lien avec les milieux, secondé par Daniel.

 

 

 

 

 

Jean Louis, avec mélancolie,  nous a conté ses pérégrinations ornithologiques de sa jeunesse seynoise, aux temps où les oiseaux étaient bien plus présents et égayaient ce site par leur chants, notamment le grèbe castagneux, oiseau dont le nom est aussi étrange que ses rires), qui  en période de nidification, émet une sorte de hennissement strident (https://www.oiseaux.net/oiseaux/grebe.castagneux.html)

 

 

 

 

 

Régis et Nicole ont complété, par leur connaissances agronomiques et archéologiques, l’histoire de ces lieux, chapelle des templier, pierre aux sacrifices.

http://dignois.fr/St-Leger/

Tout au long du chemin d’accès nous avons peu observer les grandes différences de richesses floristiques entre les prairies de fauche naturelles et artificielles ainsi que les champs de blés avec ou sans insecticide et pesticide et avons pu voir dans ce cas la richesse des plantes messicoles du latin messio (« moisson ») .

 

Et enfin le petit lac se découvre :

Nous avons pu découvrir ces plantes particulières des zones humides, la végétation immergée à Potamot nageant, les Nénuphars blancs, les radeaux flottants à Laîches ( Carex spp.), la Pédiculaire des marais, et la ceinture importante des roseaux favorisés par les amendements agricoles.

Le Gaillet oblique et palustre, la stellaire à feuille de graminée, la renoncule acre, le genêt des teinturiers, la potentille tormentille,…

Nous garderons certainement en tête l’histoire intéressante du trolle que nous a conté Laurence, un exemple de mutualisme entre cette renonculacée et une mouche (l’interaction entre deux ou plusieurs organismes). Au cours de cette interaction, il y a un bénéfice réciproque (il ne s’agit donc ni de parasitisme, ni de commensalisme).

C’est une grande plante de 10 à 60 cm avec des grandes fleurs jaunes formant une boule presque fermée et des feuilles divisées palmées. 
Il y a bien longtemps, vivait dans les montagnes une fée d’une infinie beauté qui s’était rendue invisible pour fuir la bêtise des hommes.
Vint un jour un berger au cœur si pur que la fée se révélât à lui. L’amour mutuel qu’ils ressentirent fut tel qu’ils ne purent retenir quelques larmes qui tombèrent au cœur d’un bouton d’or.
Celui-ci se referma pour conserver à jamais ce nectar d’amour.

Le premier trolle était né.

 

Daniel nous a conté l’interaction entre le trolle d’Europe et des mouches (genre  Chiastocheta spp ) associe une plante à fleurs de la famille des Renonculacées et des mouches de la famille des Anthomyidées. Au printemps, les adultes émergent. Le jour, ils volent de fleur en fleur à la recherche d’un partenaire sexuel et de nectar, la nuit et par mauvais temps, ils restent à l’intérieur de la fleur. La fleur du trolle est leur milieu de vie : c’est par ce biais que la plante est pollinisée, passivement. Les femelles pondent leurs oeufs sur les carpelles, à l’éclosion les larves percent la paroi des carpelles et se nourrissent des graines en développement. Au bout de trois semaines environ, elles tombent au sol et s’empupent. En fonction du nombre de larves présentes dans une fleur, une proportion variable de graines échappe à la prédation et est dispersée.

 

Enfin en retiendra aussi cette belle plante, la grande pimprenelle ou sanguisorbe officinale, haute de 30 à 100 cm qui possède une tige dressée, peu ramifiée et sa relation complexe avec un papillon, puis une fourmi !!. Les feuilles portent de 5 à 20 folioles ovales, à dents régulières. Le calice rouge sang très sombre, à quatre sépales.

La grande pimprenelle est hermaphrodite, le calice de la fleur est rouge sombre, quatre sépales entourent quatre étamines et un ovaire à un seul carpelle. Ses fruits sont des akènes tétragones.

 

Le nom Sanguisorba, littéralement « qui absorbe le sang » vient de la croyance appelée « théorie des signatures », selon laquelle l’aspect des plantes est censé évoquer les affections qu’elles peuvent guérir : on croyait que ses fleurs rouges indiquaient qu’elle était efficace dans le traitement des hémorragies. La pimprenelle aurait réellement des propriétés hémostatiques, dues à la présence de tanins en forte concentration dans la racine.

 

Sa biologie est étroitement associée à un papillon : l’Azuré de la sanguisorbe ou Argus strié (voir fiche) qui est espèce protégée, inscrite sur la liste rouge des insectes de France

Ce papillon est myrmécophile (vie en association symbiotique externe avec les fourmis) , c’est-à-dire qu’il ne peut se passer de fourmis pour son développement. En effet, la femelle fécondée pond ses œufs en les insérant dans les fleurs de sanguisorbe. Après la 3e mue, lorsque la chenille est encore minuscule (taille d’une larve de fourmi), elle gagne le sol.

 

Elle doit alors être rapidement détectée par des fourmis ou elle meurt. Les chenilles trouvées par des fourmis sont emportées, pour une dizaine de mois, dans une colonie de fourmis.
Ces dernières la déposent dans leur couvain. Elle s’y nourrit en mangeant des larves de fourmis, et aussi de la régurgitation du jabot ou de l’apport de nourriture solide apportée par les fourmis. Les chenilles sont nettoyées de leurs déjections par les fourmis.

 

                                                           Les participants à cette belle journée

 

Atlas de la Flore des Alpes de Haute Provence

Enfin, nous en avons souvent parlé au cours de cette randonnée botanique,  le projet d’atlas de la Flore des Alpes de Haute Provence, qui est déjà en ligne et dont l’atlas des espèces patrimoniales est en cours de rédaction en partenariat avec le conservatoire botanique national de Gap _ Charance.

Laurence et Christophe Bonnet, le Président d’Infloralhp, en sont la chevilles ouvrière avec Jean-Philippe Grillet Président de la Sabença de la Valèia, association qui devrait prendre en charge la publication du livre.

Cet atlas déjà en ligne est construit autour des données suivantes : 110 586 relevés effectués par 852 observateurs, comportant un total de 1 303 964 observations. 5 505 taxons sont présentés (dont 132 familles et 884 genres). Les fiches descriptives de ces taxons sont illustrées par 12 627 photos.

Vous pouvez faire des recherches par espèces, mailles, communes, et découvrir ce gigantesque travail :

voici le site :https://atlasflore04.org/

Et si, vous adhérez à cette association vous pourrez accéder à des informations plus précises, Normalement l’ouvrage papier devrait être édité par la Sabenca en 2021.

Et pour vous initier à leurs prospections voici un compte rendu de Infloralhp à la montagne de Chabanon à Selonnet :

Merci de votre participation et à une prochaine ballade avec Laurence.

Lucien

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