Plaisir de lire au Laverq

Quand une cabine téléphonique désaffectée se transforme en lieu de lecture

Un peu d’histoire

C’est à l’occasion de la première exposition internationale d’Electricité à Paris en 1881 que la première cabine téléphonique est apparue en France. Les cabines téléphoniques connurent un succès constant tout au long du XXe siècle, et surtout après 1923, date où fut inventé le système de paiement par pièces.

Marthe Collomb environ 1960

 

 

En 1924 est créée la société  » le Taxiphone » qui signe avec l’administration des PTT (ancêtre de La Poste et d’Orange) une convention lui permettant non seulement de construire ces postes téléphoniques mais également de les exploiter. Elle installe ses appareils dans les cafés et les restaurants.

 

Parallèlement, les PTT ouvrent leurs propres cabines publiques dans les bureaux de poste et dans certaines gares et parfois comme au Laverq chez des particuliers. 20 millions de lignes seront installées en 1982, contre 6 millions en 1974, si bien qu’en 1985, afin d’augmenter les capacités du réseau, il fallut passer à une numérotation à 8 chiffres.

 

À partir de 1995 et jusqu’en 2005, l’apparition des téléphones mobiles fit chuter de 91% l’utilisation des cabines.

 

 

 

                              

Déclin et suppression

Au nom du service universel, l’administration des PTT était tenue d’assurer un maillage minimum du territoire, même dans les zones géographiques de faible fréquentation où elles ne sont pas rentables : chaque commune devait ainsi être équipée d’au moins une cabine téléphonique.

Il y avait, en 1997, environ 300 000 publiphones (c’est le nom officiel); il en restait 65 250 en mars 2015 quand a été prise la décision de les supprimer complètement.

Ces cabines n’engendrent « qu’environ 12 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel » contre « 516 millions d’euros » en 2000.

 La loi Macron de 2015 sort les cabines publiques du service universel. Elle a été amendée par le Sénat le 14 avril 2015. Cet amendement accepté supprime l’obligation de service universel concernant la publiphonie à la condition que les communes concernées par le retrait soient couvertes par les réseaux mobiles 2G à fin 2016 et 3G fin 2017.

La suppression des 5 450 cabines encore en service en France (en septembre 2017) est planifiée pour la fin de l’année 2017, épilogue d’un déclin entamé avec l’apparition du téléphone portable. Depuis le 1er janvier 2018, il n’y a officiellement plus de cabines téléphoniques en France.

 

Et dans notre vallon

 

Le téléphone est arrivé dans le vallon du Laverq en 1926 : une cabine aux Clarionds chez la famille Clariond et une autre à l’Abbaye du laverq chez la famille Collomb.

Cette même année, un projet de piste pour accéder à l’Abbaye avait été élaboré mais devant son coût la municipalité avait renoncé et c’est grâce à Emile Tron, maire en 1968 que celui-ci a pu voir le jour et être poursuivi jusqu’au Duc en 1978.

Ainsi ce vieux téléphone à manivelle a été le lien, jusqu’en 1976 (date du départ de Faustin, Angèle et Marthe Collomb ) , entre l’Abbaye et la vallée : « quand on avait besoin du docteur, du vétérinaire ou de n’importe quoi d’urgent, c’est bien à la cabine qu’on allait. Il n’y avait que cela » Durant la résistance, il a servi à annoncer les bonnes et mauvaises nouvelles et surtout les mouvements de l’armée allemande.

 

 

 

 

 

Avec le départ en octobre 1976 de la famille Collomb, il n’y a plus personne dans le vallon. Aussi, pour pouvoir assurer un lien avec la gendarmerie en cas d’urgence, la commune et France Télécom avaient installé à l’entrée du hameau de l’Abbaye du Laverq une cabine construite par les employés municipaux, d’où l’on pouvait, dans un premier temps, appeler uniquement la gendarmerie.

Par la suite, un système par carte permettait d’appeler d’autres numéros ou d’être rappelé.

 

 

 

 

 

 

 

Que faire de cette cabine vide à l’entrée du hameau de l’Abbaye du Laverq?

 

 

A l’instar de ce que l’on peut observer à La Fresquière et dans d’autres communes, l’idée d’en faire une « cabine à livres » fait son chemin dans l’association du Laverq et dès la fin d’octobre 2020 les travaux commencent.

 

Avec l’accord du Maire, nous avons recherché une porte vitrée pour l’entrée et, le samedi 31 octobre 2020, Guy et Lucien l’ont posée et ajustée. Les jours suivants, Lucien a isolé la cabine de la pluie et la neige et a aménagé 6 étagères et un plot en bois pour s’asseoir, prendre le temps de choisir un livre, l’emprunter ou le lire sur place.

 

Le principe est de mettre à disposition du public des livres, en libre accès, sans contrainte et en fonctionnement autonome. L’objectif étant de faire circuler les ouvrages de façon à donner le goût de la lecture. Choisir un livre, l’emporter, le lire puis le redéposer ou en mettre un autre à la place, c’est tout simplement ce qui est demandé aux lecteurs.

 

 

Vous avez lu un livre ? Il traîne sur une étagère ? Apportez le ou donnez-le. Ce système d’échange est fondé sur le civisme. Bien entendu, si je prends un livre, je peux en déposer un autre sinon la boîte sera vide très vite.

Alors cette cabine au nom de « Plaisir de lire au Laverq » attend vos livres pour adultes et enfants; déjà des bandes dessinées à  Bergson en passant par Frison-Roche, une soixantaine de livres sont à votre disposition.

Lisez-moi, emportez-moi, échangez-moi contre un autre livre et surtout refermez bien la porte pour que la pluie et la neige n’y entrent pas.

Lucien

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cabine_t%C3%A9l%C3%A9phonique

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