Le secret de la bonne soupe

Une arrière-grand-mère a bien voulu nous confier un secret de cuisine

Tout le monde était d’accord, c’était là-haut, dans la maison au bout de la route, qu’on mangeait la meilleure soupe. Bergers et forestiers étaient toujours heureux de se faire inviter en cas de très mauvais temps et de savourer une assiette de cette fameuse soupe.

La recette ne sera pas perdue car Mémé nous a révélé le petit plus qui faisait de son bouillon de pommes de terre aux « herbes » une si bonne soupe :

« Au mois de juin les troupeaux venus d’en bas arrivaient, c’était la bousculade sur les chemins escarpés. Il y avait toujours des brebis qui n’avaient pas encore l’habitude de la montagne et il arrivait que des bêtes se tuent en se dérochant. Alors, dès qu’on s’en apercevait, on courrait les chercher avant que tout ne soit perdu.
 Pour la viande on pouvait trouver encore quelques morceaux à saler, si le soleil n’avait pas trop tapé. La peau c’est toujours bon. On la raclait bien pour récupérer toute la graisse qu’on faisait fondre et qu’on coulait dans des cornets en papier journal.
 Ensuite il fallait faire figer rapidement, le mieux c’était de mettre les paquetons dans l’eau froide du ruisseau. Quand la graisse était bien moulée, on la mettait à fumer dans la cheminée, ça lui donnait encore plus de goût, et comme ça elle se gardait très, très longtemps.

Pour la soupe, il suffisait d’en mettre un bon morceau dans la marmite de légumes et c’était un vrai régal ! Sans oublier quelques bouts de pain rassis dans l’assiette. »

Marie Christine

Photo : plaque de verre, Martinotto, détail. Collection du Musée Dauphinois © Département de l’Isère

 

 

 

 

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