La scierie LEBRE-TRON de Méolans

Nous étions un groupe d’une trentaine de personnes et fûmes accueillis par trois personnages hauts en couleur, qui s’intégraient complètement dans ce magnifique paysage. Joseph et son frère Albert Lèbre et leur cousin Emile Tron (ancien maire de Méolans-Revel). Tous trois natifs de Méolans…

Les travaux quotidiens et saisonniers

Depuis des temps très anciens, la population locale a toujours su tirer parti de ses richesses naturelles, de belles forêts, et l’énergie hydraulique…

La passion du bois s’est perpétrée de génération en génération, besogne vitale pour l’ensemble de la communauté. Le travail dans les villages était lié au rythme des saisons ; quand la neige arrivait, hommes et bêtes, changeaient complètement de style de vie. Alors que les épouses devaient raccommoder le linge mis de côté à la belle saison et accomplir tant d’autres choses… Les hommes devaient réparer les outils abîmés pendant l’été et passaient beaucoup de temps dans leur coin -menuiserie, puis confectionnaient meubles, objets et tant encore…  D’autres enfin choisissaient l’expatriation, avec le colportage et les métiers itinérants ; Ils ne reviendraient qu’au printemps avec un petit pécule en poche qui améliorerait le quotidien.

Les scieurs de long 

Avant les scieries, le bois était débité par les scieurs de long ; en principe deux personnes d’une même famille qui se déplaçaient d’un hameau à un autre, en fonction des demandes… Aimé Lèbre (1904-1981) et Emile Léon Tron (1902-1978), (les pères de nos trois interlocuteurs !) étaient bien sûr agriculteurs mais en plus à temps perdu pratiquaient ce travail-là.

La construction de la scierie

C’est en 1936 qu’ils décident de construire cette scierie !

Ils achètent un terrain et construisent l’ensemble en intégralité ! Puis ils prennent une coupe de bois à exploiter à Clotaras au-dessus de la Fère ; 100 m3 ! Ils envoient les grumes dans la pente et les font flotter sur l’Ubaye, les récupèrent au pont de Méolans. Ce bois chargé sur un char à quatre roues, tiré par des mules, ils se rendent à leur scierie où au préalable ils avaient construit un chemin …

Les commandes affluent, plus tard deux autres scieries verront le jour plus bas et bientôt aussi dans le Laverq, au total une dizaine seront créées par divers entrepreneurs. A ce jour, seule celle-ci a été restaurée et est en état de marche…

Quelques détails techniques

Les trois cousins nous expliquent :

L’eau arrive par une conduite forcée, prise dans le torrent de Méolans, un peu plus haut… Elle se jette littéralement sur la roue à aube (sur les cuillers), ce qui lui donne beaucoup de puissance… La turbine entraîne un premier arbre qui va être démultiplié…

 

Car cette même roue hydraulique a deux fonctions ;

  • mouvoir verticalement la lame de la scie.
  • faire avancer le chariot, sur lequel se trouve l’arbre à débiter.

Cet ensemble complexe est composé de huit poulies (4 grosses et 4 petites) reliées entre elles par un système de courroies. (Tissu-toile tressé très dense).

Un œil vigilant doit les surveiller afin qu’elles ne dérapent pas, pour cela une fois par jour, on doit passer dessus un pain de résine qui aide à adhérer… (autrefois les bûcherons récoltaient en forêt du benjoin, résine de mélèze avec lequel, ils préparaient une sorte de mixture…Toujours dans le même ordre d’idée, la scie devait être affûtée deux fois par jour, également.

La scierie aujourd’hui

La scierie a fonctionné jusqu’en 1978, la commune l’a achetée en 2006 et restaurée.
Néanmoins elle reste un vrai bijou de technologie, pour l’époque. Aujourd’hui la Maison du Bois la fait visiter et nous vous invitons à la découvrir.

Un immense merci à nos trois guides hors pair, pour leur savoir et leur gentillesse.

                                                                            Marie-Reine HUGUES-MARTEL

                                                                                              Août 2022

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Photos et vidéo: Roland

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