La cabanne ADN … pour marcheur-rêveur

Histoire de cabanes. Vertigineuse cabane en mouvement…

Située à 1874 mètres d’altitude, la cabane du clôt Giraud est construite vers 1902 par Joseph Berbeyer, paysan des Martels sur les hauteurs du Laverq, dans la commune de Méolans-Revel.

Ces cabanes d’estive se trouvaient autrefois au milieu de prés fauchés à la faux, le foin était mis en trousses et ramené dans les granges des Martels et des Reynauds, le bâtiment servait à déposer les outils, se mettre à l’abri des intempéries et parfois à stocker du foin qui était redescendu en hiver.

Restaurée par les propriétaires (Famille Tron Noël Lucien Bernard), la « cabane » s’offre pour une pause aux randonneurs en cas de mauvais temps, mais elle est aussi un appel à la mémoire des ancien.ne.s.

Elle est ouverte à tous les marcheur.euse.s.

Étonnantes vertus de la marche…

“Marcher c’est se mettre en vacances de l’existence. C’est exister en dehors des vacances….

Marcher c’est réussir à dépasser son ombre. C’est pouvoir se doubler soi-même en s’envoyant un gentil salut au passage.

Marcher c’est caresser le sol, le flatter, l’amadouer.

Marcher c’est être dans le secret des dieux. C’est écouter à leurs oreilles et entendre avec eux des bruissements, des murmures qu’on croyait éteint.

Marcher, c’est se mêler à la conversation des arbres, aux commérages des oiseaux, aux persiflages des reptiles. C’est se fondre dans la nature, se couler au fond du moule. »

Marcher, c’est aller au bout de soi-même tout en allant au bout du monde. »

Jacques Lanzmann/Fou de marche

Les lignes se dessinent

En 2022 cette cabane est revisitée par Dominique T., fille d’un des propriétaires, attachée à ce lieu avec son collectif associatif du bord de mer « Alambic et Mauvaises Herbes » dont l’objectif est de (ré)apprendre la nature, créer avec elle, retrouver le sentiment d’en faire partie intégrante, la respecter, pour se respecter.

A “Alambic et mauvaises herbes” nous pratiquons la mise en commun et la transmission de savoirs sur les usages et la transformation des plantes associées au bien-être, de l’échange de recettes et ateliers de saveurs gustatives des plantes comestibles jusque plus récemment à une pratique de land-art.

Les liens se tissent 

Depuis 2021 à la recherche d’un lieu dans le hameau inspirant ces artistes en herbe, cette cabane leur est proposée, pour donner libre court à des pratiques de land-art. C’est une tendance d’art contemporain apparue aux Etats-Unis dans les années 60, l’idée était de sortir “l’art conventionnel” des musées. Les artistes se fondent aux paysages et utilisent des matériaux qu’ils trouvent sur place, ou qui sont recyclés, pour créer des œuvres en synchronicité avec la nature.

Mouvements et lignées qui s’inspirent 

La cabane du clôt Giraud est aujourd’hui rebaptisée pour cette installation < Cabane ADN >.

Histoire héréditaire familiale de celle qui en est à l’origine, sentiment d’appartenance génétique à une lignée de femmes montagnardes, mais aussi un hommage à une grande exploratrice A(lexandra) D(avid) N(éel) qui a dû marcher sur ces terres en parcourant le monde à pied.

Des brins qui se croisent pour donner vie à la cabane A.D.N.

Le projet artistique A.D.N de la cabane du Clôt Giraud, est aussi accompagné par des intervenant.e.s artistes (D. Mogarra, J.F. Marc) et réalisé en association avec des élèves de l’atelier des beaux-arts de St-André/Marseille.

Venez nous rencontrer en cheminant dans le Laverq du 7 au 10 juillet 2022, nous finissons l’installation.

Poussez la porte en chemin à partir du 10 juillet 2022 pour la découvrir.

Ce projet se veut mouvant, en devenir, retraçant l’univers de Dominique lié à la marche, aux rencontres et à son regard sur la montagne. Son désir est aussi de rendre hommage aux femmes du pays qui ont laissé des traces restées bien souvent souterraines. Elles sont à l’origine des empreintes et des paysages harmonieux et sauvages. Elles nous transmettent cette beauté préservée telle une toile qui laisse la sensation d’être dans un haut lieu enchanteur et régénérant pour nous rappeler la beauté de la nature et le frisson de vivre. 

Sans réseau nous en trouvons de nouveaux

Au travers de l’installation artistique, il est proposé aux marcheur.euse.s une immersion dans le paysage évoquant intimité et légèreté en écho à la grandeur  et la rudesse de la montagne, ainsi qu’en mémoire à la vie qu’a été celle des Lavergan.ne.s.

Une exploration au travers de « traces » du site et des habitant.e.s, paysan.ne.s, berger.ère.s qui ont contribué ou contribuent toujours à créer ce sentiment de force et d’amour que l’on respire ici.

Un hommage est fait à Alexandra David Néel qui est venue vieillir et mourir dans ce département des Alpes de Hautes-Provence : « Marche comme ton cœur te mène et selon le regard de tes yeux ».

“Béni soit “cela” qui me préserve des routes banales, qui me fait gravir les Himalayas de la pensée si infiniment plus élevés que les autres !”

Suivez la ligne qui vous amène vers de multiples directions

Pour rejoindre la cabane (1 petite heure de marche depuis le parking Audemard)

Depuis l’abbaye prenez au nord, le chemin du col de Séolane

Passez la Défendue puis les Reynauds.

Laissez les Martels en contrebas.

Depuis le hameau des Sartres sans réseau téléphonique vous en trouvez de nouveaux : GR 6 et 56, et 69 la routo (sur les traces des sentiers de la transhumance).

Y grimper sollicite quelques pas et errances artistiques en chemin.

Si vous atteignez les Ducs, vous avez manqué le chemin du col !

Ce qu’il faut chercher et trouver c’est la douceur sereine d’une inébranlable paix ». Alexandra David Néel

On y va on y vient.

On y pénètre pour se retrouver au frais ou au chaud dans le ventre du monde.

Respirations.

Une expiration pour chasser la pollution de sa tête

Une inspiration dans ce bain purificateur et créatif….

On y explore ce que chacun d’entre nous a bien voulu y offrir.

On y laisse un signe symbolisant son passage afin que ce lieu soit toujours en mouvement : une fleur, une pierre, une photo, une pensée, une création personnelle, un symbole de votre spiritualité, une phrase sur le livre d’or (ou à glisser dans les pierres) …

On n’est rien mais on est tous !

On devient partie intégrante de cette installation artistique.

« Marcher, est-ce que cela ne serait pas, en définitive, tourner avec ses pieds, au pas à pas, pages après pages, le grand livre de la vie ?  » Jacques Lanzmann

Respecte cet abri

La création qui s’expose

Dépose-toi aussi ton amour en un signe délicat

Ne fais pas de feu il y a trop de risque d’incendie

Referme la porte en partant

Et poursuis ton chemin.

« Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux. Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine “. Alexandra David Néel.

La suite est déjà là :

« La défendue est un projet de recherche en milieu rural mené par l’artiste Delphine Mogarra. En convoquant des récits de femmes et d’hommes habitant dans des vallées reculées, des zones montagneuses, elle souhaite contribuer à une transmission des savoir-faire et du travail de la terre. Au delà d’un fantasme de reconnexion à la nature ou de sublimation, l’artiste viendra participer au travail de la ferme, vers la création d’une archive nouvelle, un objet poétique qui s’attèlera à partager les gestes. Le projet commencera en juin, pendant la période des foins, avec la rencontre de Christiane, une chevrière des Clarionds dans le vallon du Laverq. « Delphine Mogarra

Merci à toutes les participations et les rencontres autour de ce projet et à celles et ceux qui m’ont inspirée pour la rédaction, l’écriture et le partage de photographies.

Dominique Tron

En savoir plus ou nous contacter :

bibabeloula.wixsite.com/mauvaisesherbes

alambicetmauvaisesherbes@gmail.com / 06 28 20 15 38

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