Chérèse, lou manin

C’était ainsi qu’on appelait le ferblantier.

Il transportait ses outils, son chaudron, ses barres d’étain et s’installait de préférence devant le four du village.

Chacun lui apportait ses ustensiles en fer troués.  Il attisait un bon feu avec le charbon du four, faisait fondre la barre d’étain au bout d’un marteau rougi à la flamme et appliquait un goutte sur le trou.

 

Quelques fois il changeait le fond des chaudrons de lait et certains jours il étamait les couverts et les casseroles. Pour cela il faisait fondre une plus grande quantité d’étain dans un chaudron, nettoyait à l’acide azotique les ustensiles puis les trempaient dans le bain dont ils ressortaient brillants comme neufs à la grande admiration des enfants.

Les récréations ce jour là se passaient à le regarder travailler.

Il réparait aussi quelquefois les gouttières des toits et c’est en faisant ce travail qu’il s’est tué en tombant d’une échelle. Ce fut la fin de ce métier dans la vallée.

Lily Gilly