Suzanne et Anne AMAVET

De tout temps des jeunes ont quitté le Laverq. Beaucoup sont allés en Provence, d’autres plus loin, jusqu’au Mexique.

Suzanne Henriette et Anne Sophie AMAVET, filles de Jean joseph, deux sœurs nées à l’Abbaye  sont parties de l’autre coté de la montagne. Elles se sont mariées à 20 ans au Laverq, puis sont parties vivre avec leur mari à Allos. C’était au début du 19ème siècle. Leur grand oncle Joseph s’était déjà installé près de La Foux.

 

Suzanne Henriette part la première, mariée le 24/04/1815 avec Jean Joseph Louis PELLISSIER. Les époux vont s’installer au hameau des Gays et fonderont une famille.

On les imagine passant fin avril sous la Grande Séolane, dans les dernières neiges du col de la Sestrière …

 Les échanges entre vallées se faisaient par le haut et non par le fonds raviné par des torrents impétueux, même pas en charrette, au meilleur des cas avec un mulet.

Pas question de faire le grand tour par Uvernet ou Barcelonnette, comme nous, pour suivre une route bien tracée.  Ils auraient eu le col de Valgelaye à passer, tout aussi difficile.

On raconte que de braves habitants de Morjuan avaient coutume d’y planter de hauts piquets de bois pour que les voyageurs ne s’égarent pas.

 

Anne Sophie se marie le 12/07/1820 avec Marc Antoine MICHEL et va vivre au Seignus, autre hameau d’Allos.

 

 

Ont-elles pu retourner souvent à l’Abbaye? Retourner voir leur mère, Marie Magdeleine REYNAUD restée veuve avec son fils Jean Louis Casimir. Les échanges entre Allos et Méolans sont nombreux à cette époque. Les nouvelles bonnes ou mauvaises circulent par ceux qui passent, ou les jours de foire.

Je ne sais pas si la famille a pu échanger quelques lettres, mais j’admire leurs belles signatures sur les actes de mariage , celle de Jean Louis Casimir est très élégante, on dirait un ministre!

Il faut dire que le grand père REYNAUD a été notaire. Suzanne signe « Henrithe », forme ancienne de son deuxième prénom.

Combien de retrouvailles, combien de visites? pas beaucoup puisque Suzanne Henriette meurt en 1833, à 37 ans et avant sa maman, qui lui survit jusqu’en 1834.

Anne Sophie n’a pas plus de chance, elle décède en 1835 à 35 ans, en mettant au monde un enfant. Entre temps leur petit cousin d’Allos  Joseph Louis AMAVET, qui était joueur de vielle ambulant était mort à 18 ans le 29/12/1834 à Bruyeres dans les Vosges. C’est froid  les Vosges à Noël, et bien loin du Laverq…

Et le Tonton d’Allos ? une bonne constitution ! Il vécut jusqu’à 84 ans (1838).

Marie Christine

Image : Détail d’une huile de Francesco Foschi (°1710/ +1780) Paysage de neige avec torrent et cascade , Musée de Grenoble .